Les émissions mondiales de C02
Combien de carbone (CO2) émis dans l'atmosphère ?
"Même si nous pouvions stopper du jour au lendemain toute nouvelle émission, la concentration actuelle continuera à avoir des effets pendant des siècles." Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM, Organisation météorologique mondiale qui estime que le taux de gaz à effet de serre a atteint un nouveau record de concentration en 2011.
Les émissions de gaz à effet de serre sont en hausse
> Les émissions des six gaz à effet de serre couverts par le protocole de Kyoto ont augmenté de 70 % depuis 1970 et de 24 % depuis 1990 pour atteindre 49 Gt CO2éq. en 2004.
Les 6 gaz à effet de serre (GES) : Dioxyde de carbone (CO2), protoxyde d’azote (N2O), méthane (CH4), hydrofluorocarbures (HFC), perfluorocarbures (PFC) et hexafluorure de soufre (SF6).
Alors que l’objectif de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) pose depuis 1994 l’objectif de « stabiliser les émissions de GES à un niveau empêchant toute perturbation anthropique du système climatique », ces dernières ont battu un nouveau record en 2010. Comme en témoigne le graphique cidessous, les émissions n’ont jamais été aussi élevées. Pire encore, la trajectoire d’émissions sur laquelle nous nous situons se place dans les plus mauvais scénarios du GIEC, et pourrait conduire à un réchauffement supérieur à 6°C d’ici la fin du siècle.
Les engagements pris par les pays industrialisés et émergents lors du sommet de Copenhague en décembre 2009 sont donc loin d’être suffisants, et il ne faut pas attendre les conclusions du nouvel accord de 2015 pour inverser la tendance, puisque selon la communauté scientifique il faudrait que les émissions piquent avant cette date pour avoir une chance de maintenir le réchauffement en dessous de 2°C, seuil au-delà duquel les conséquences du réchauffement risquent de devenir incontrôlables

source image et texte : Fondation Nicolas Hulot
Les émissions de CO2 : les statistiques publiées début 2012
> La hausse des émissions de CO2 a atteint 40% de 1990 à 2010 et atteignent 36 milliards de tonnes de dioxyde de carbone.
> 36 000 milliards de kilos de CO2 rejetés chaque année
En 2010, les émissions mondiales de CO2 dues à la combustion d’énergie augmentent nettement (+ 4,7 %), effaçant la baisse de 2009 (– 1,7 %). Elles culminent désormais à 30,3 milliards de tonnes de CO2 (Gt CO2).
Dans l’UE à 27, les évolutions sont très contrastées selon les pays, en fonction de leur conjoncture économique. Les émissions ont ainsi chuté au Portugal (– 9 %), en Grèce (– 7 %) et en Espagne (– 5 %).
En revanche, elles ont bondi en Estonie (+ 26 %), en Suède (+ 15 %) et en Finlande (+ 14 %). Elles augmentent aussi rapidement en Chine (+ 6,6 %). Avec un niveau d’émission de 7,3 Gt CO2, ce pays est le premier émetteur mondial devant les États-Unis. En 2010, ces deux pays ont émis 42 % du CO2 dû à la combustion d’énergie.
Les émissions de CO2 sont repartis à la hausse en 2010 après la pause de 2009
Selon le Global carbon project, les émissions de carbone dues aux combustibles fossiles ont augmenté de 5,9% en2010.
- Après une pause (-1,3%) due à la crise économique mondiale en 2009, la croissance des émissions de CO2 a repris en 2010 et 2011.
- La concentration globale en CO2 de l'atmosphère s'établit à 390 ppm (parties par million).
La hausse a été le fait des pays développés (+7,6%) plus que celles des pays en développement (+ 3,4%)
En 2010, rejets CO2 de la Chine : + 10,4 % ; de l'Inde + 9,4 %.
Mauvaise nouvelle, en 2010 la croissance des émissions a été supérieure à celle de la croissance mondiale : cela montre que les efforts de réduction ont été relâchés.
La légère amélioration enregistrée en 2009 (- 1,3 % d'émissions de CO2 dans le monde) n'était qu'illusoire et les experts du GCP expliquent qu'elle était liée aux conséquences de la crise financière globale. En effet, les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2010, une hausse de surcroît très significative de 5,9 %. 36 milliards de tonnes de CO2 ont ainsi été libérées dans l'atmosphère en 2010, valeur intégrant l'effet des déforestations.
C'est le niveau le plus élevé de l'histoire de l'humanité et cela représente une hausse dramatique de près de 40 % par rapport à 1990
Le charbon demeure une plaie environnementale, avec 41 % des émissions liées aux combustibles fossiles.
Sans surprise, le niveau d'émissions progresse dans les pays émergents (+ 7,6 % au global contre 3,4 % pour les pays développés). Les plus fortes progressions ont été en Chine (+ 10,4 %) et en Inde (+ 9,4 %)
Notons que les pays développés "externalisent" une grande partie de leurs émissions via leurs implantations industrielles dans les pays émergents et donc par le biais de leurs importations.
En outre, sur l'autel de la rentabilité, ces sites pourtant récents ne suivent pas toujours des normes environnementales aussi strictes que dans les marchés traditionnels.
En valeur absolue, les pays qui émettent le plus de CO2 sont la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, la Russie et le Japon. Mais attention, per capita, la Chine et l'Inde apparaissent encore éloignées des Etats-Unis, de la Russie et du Japon.
Dans la zone Europe, l'Allemagne a le rôle du mauvais élève en 2010, tandis que la France figure dans la même tranche que le Royaume-Uni et l'Italie. Toujours dans cette zone, les pays les plus vertueux en 2010 ont été l'Espagne, la Suisse et plusieurs pays de l'Est.
Les émissions de CO2 par habitant
> En 2010, les émissions de CO2 dues à l’énergie par habitant reculent dans les pays de l’annexe I (– 1,9 %) tandis qu’elles continuent de croître ailleurs (+ 4,5 %). Cependant, l’écart de développement et un accès limité à l’énergie restreignent toujours ces émissions en Afrique (0,9 t CO2 / hab). Dorénavant, en Chine, elles sont quasiment au même niveau qu’en France (5,5 t CO2 / hab). En 2010, un habitant de l’UE à 27 émet en moyenne 7,3 t CO2, soit 15 % de moins qu’en 1990.
Un Français émet trois fois moins de CO2 qu’un habitant des États-Unis, mais aussi nettement moins en moyenne qu’un habitant des autres pays européens.
L'intensité d'émission de CO2
> La quantité de CO2 émise par unité de PIB, appelée intensité d’émission de CO2 par rapport au PIB, recule en 2010 par rapport à 1990 dans toutes les régions du monde (– 24 %), sauf au Moyen-Orient (+ 29 %). En Chine, cet indicateur a été divisé par deux depuis
1990. Toutefois, il reste élevé, tout comme en Russie : une unité de PIB, exprimée en $ des États-Unis 2005 PPA1, entraîne dans ces deux pays l’émission de presque 800 g de CO2, soit près du double de la moyenne mondiale.
Dans l’UE à 27, et particulièrement dans l’UE à 15, il est relativement faible : 244 g CO2 / $, contre 406 dans les douze nouveaux États
membres. Avec 186 g CO2 / $, la France affiche la deuxième performance de l’UE à 27, derrière la Suède où nucléaire et hydraulique sont également très développés.

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Les émissions mondiales de CO2
Une partie, 25 milliards de kilos, est absorbée par les océans chaque jour, ce qui cause l'acidification accrue de leur eaux et menace les diatomées et le plancton, le corail, entre autres.
Chaque personne contribue quotidiennement aux émissions de CO2 : un ménage français en rejette en moyenne 16.400 kilos par an dans l'atmosphère.
L'excès de libération du CO2 enfoui depuis des millions d?ann?es dans le fond des oc?ans, dans les gisements de pétrole, dans le permafrost, pose probl?me en accentuant la chaleur terrestre.
- Une étude européenne a montré (Epica) que le taux de CO2 n'avait jamais été aussi élevé sur terre depuis 800 000 ans : un carottage profond de 3260 mètres en Antarctique a montr? que lors des derniers 8 cycles glaciaires-interglaciaires qui ont dur? chacun 100 000 ans environ, le taux de CO2 a régulièrement évolué.
- Selon le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat), si aucune mesure n'est prise, la teneur en CO2 dans l'atmosph?re, qui est pass?e de 260 à 360 ppm (partie par million) aujourd'hui, dépassera 1000 ppm d'ici la fin du siècle, entraînant une élévation de température comprise entre 2 et 6?C.

Contrairement à ce qu'on croit souvent, l'industrie et des transports ne sont pas les responsables uniques des gaz ? effet de serre. En France, ils ne repr?sentent que 50% des émissions de GES, gaz à effet de serre. Le reste est ?mis par l'agriculture, les entreprises de services et enfin les particuliers tels que vous et nous.
Tous responsables du CO2
- Chaque personne contribue quotidiennement aux émissions de CO2 : un ménage français en rejette en moyenne 16.400 kilos par an dans l'atmosphère.
- En changeant un peu ses habitudes, chaque individu peut agir de manière positive sur ce phénomène. Des efforts peuvent ?tre faits en matière de transports (covoiturage, transports en communs, vélo...).
Les Chiffres clés du CO2
41 % : la part du pétrole dans les émissions de carbone dues aux combustibles fossiles.
390 ppm: la concentration globale en C02 dans l'atmosphère mondiale en 2012
Transports et CO2
1 000 km (environ un aller-retour Paris-Amsterdam) =
• 0,25 t CO2 en voiture de moyenne cylindrée (1 600 cm3), soit 250 g CO2/km1. Augmenter le nombre de passagers réduit proportionnellement ces émissions.
• 0,27 t CO2 en avion (au taux de remplissage de 75 %). Plus le trajet est court et plus il est émetteur au kilomètre car le décollage et l’atterrissage sont proportionnellement plus gourmands en carburant
• 0,04 t CO2 en train. Les émissions dépendent de la source d’énergie. En France, elles sont faibles (0,009 t CO2/ 1 000 km) puisque l’électricité est produite majoritairement à partir d’énergie nucléaire
Production, consommation d’électricité et CO2
Une centrale-type d’une capacité de 250 MW fonctionnant en base (8 000 h/an) émet :
• 1,7 Mt CO 2/an pour une centrale à charbon (0,87 t CO2/MWh, avec un taux d’efficacité thermique de 40 %)
• 0,72 Mt CO2 /an pour une centrale au gaz (0,36 t CO2/MWh, avec un taux d’efficacité thermique de 55 %)
. 1,5 t CO2 /an sont émises par la consommation électrique d’un ménage européen pour l’éclairage, le chauffage et la consommation des appareils électriques, les principales émissions des bâtiments.
Industrie et CO2
Une aciérie-type produisant 1Mt d’acier par an émet en moyenne :
• 1,8 Mt CO2 /an pour une aciérie de la filière classique (1,8 t CO2 par tonne d’acier)
• 0,5 Mt CO2 /an pour une aciérie de la filière électrique (refonte de déchets) = (0,5 t CO2 par tonne d’acier correspondant aux émissions indirectes dues à l’électricité
Parmi les autres industries émettrices de CO2 :
• 0,35 Mt CO2 /an pour une cimenterie-type produisant 500 000 t/an (0,7 t CO2 par tonne de ciment)
• 0,09 Mt CO2 /an pour une verrerie-type produisant 150 000 t/an (0,6 t CO2 par tonne de verre)
Forêt et agriculture et CO2
• 580 t CO2 éq. sont émises par hectare de forêt tropicale déforesté (combustion et décomposition)
L’agriculture émet en moyenne, en France :
• 3 t CO2 éq./an par vache laitière du fait de la fermentation entérique
• 0,5 t CO2 éq./an par porc du fait de ses déjections6
1. Source : Ademe, bilan carbone
2. Source : AIE
3. Source : Cement Sustainability Initiative
4. Source : Fédération des chambres syndicales de l’industrie du verre
5. Source : GIEC
6. Source : CITEPA
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