Naissances : la natalité mondiale
Les chiffres de la natalité dans le monde
Les prévisions de l'ONU tablent sur un pic de population à 9 milliards d'individus en 2050 avant une stabilisation toute relative.
Hervé Le Bras dirige le laboratoire de démographie historique à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il prévoit un plafonnement de la population mondiale avant 2050. Et il est probable que nous n’atteindrons pas les 9 milliards. La raison tient au fait que les femmes cherchant à gagner des espaces de liberté par le travail, ne font plus que deux enfants,
Un rapport du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) confirme le ralentissement de la croissance de cette population mondiale.
Après un pic de 80 millions d’habitants supplémentaires chaque année au milieu des années 90, la croissance est maintenant de 76 millions.
Cette décélération va se confirmer puisque Le nombre moyen d’enfants par femme est tombé de six en 1960, à trois environ aujourd’hui. Le taux de fécondité devrait baisser encore, pour se situer à peu près au niveau de remplacement. La prévision de population à l’horizon 2050 est de 8,9 milliards d’habitants.
Le rapport souligne toutefois que cette décélération moyenne sera en réalité très contrastée suivant les régions du monde.
Ainsi les 49 pays les moins avancés devraient voir leur population tripler, alors que les populations de l’Europe et du Japon sont déjà en train de diminuer. L’afrique, bien que dramatiquement touchée par le sida, qui explique pour une part la décélération, devrait néanmoins conserver une croissance forte.
Le nombre d'humains nés sur Terre depuis les origines se situerait autour de 80 milliards. Sur les 80 milliards, près de la moitié serait née au cours des deux derniers millénaires. La population mondiale a surtout augmenté depuis 200 ans.
Le six milliardième être humain a officiellement vu le jour le 12 octobre 1999, à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. Cette date a été choisie arbitrairement par le F.N.U.A.P.
Entre 1900 et 2000, selon les estimations de l’O.N.U., la population de la planète est passée de 1,65 à 6,06 milliards d’hommes.

La population continue à augmenter, mais le taux d’accroissement naturel (différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité) diminue régulièrement : il est passé de 2,04 % à la fin des années 1960, à 1,3 % aujourd’hui.
- Taux de fécondité par femme :
Niger : 7,68 enfants
Uganda : 6,73
Mali : 6,54
Somalie : 6,44
Burundi : 6,25...
Quant au nombre d’enfants par femme, il a lui-même fortement chuté pendant la même période, passant, en moyenne, de 5 à 2,7.
Un article très intéressant sur les statistiques Natalité
La corrélation entre natalité, alphabétisation et richesse
Le taux de natalité d’un pays est calculé en rapportant le nombre d’enfants dans un pays au nombre de femmes fécondes, entre 15 et 50 ans. Sa mesure permet de prévoir les grandes lignes de l’évolution d’une population : un taux de natalité bas, inférieur à 2,05 enfants par femme, entraîne un double processus de vieillissement global de la population, et de diminution à long terme de cette population. À titre indicatif, le taux de natalité en France en 2009 était de 1,97 enfants par femme, d’après le CIA World Factbook.
Loin d’être un chiffre absurde, le taux de natalité reflète la politique familiale et le niveau d’instruction et d’activité des femmes dans un pays. Une natalité élevée (supérieure à 3 enfants par femme) signale une politique familiale faible, l’absence ou le faible usage de moyens contraceptifs, et un faible niveau d’instruction des femmes. L’exemple le plus criant de cette corrélation est le Burkina Faso (Afrique de l’ouest), l’un des pays les plus pauvres du monde, avec un taux de natalité de 6,21 enfants par femme, et une « espérance de vie scolaire » (school life expectancy) – durée des études, du primaire à la fin de la scolarité – estimée à 4 ans pour les femmes, doublée d’un taux d’alphabétisation extrêmement bas de 21,8 %, à quoi il faut ajouter une espérance de vie réduite, 53 ans, et une mortalité infantile (enfants morts avant l’âge de 5 ans) très élevée, à 82,98 ‰.
À cela s’ajoute une structure économique archaïque, du fait d’une agriculture peu productive et non mécanisée, qui requiert un grand nombre d’ouvriers agricoles au revenu très faible et irrégulier. D’après le CIA World Factbook, 90 % de la population burkinabée vit d’une agriculture de subsistance, et l’agriculture compte pour 29,4% dans le PIB du Burkina Faso (compte non tenu de l’économie « informelle »). De fait, le taux de pauvreté atteint 46,4 %, avec un taux de chômage de 77 % (hors emploi « informel » non pris en compte dans les statistiques), et un PIB par personne et par an (exprimé en parité de pouvoir d’achat, PPA) estimé à 1200 $, ce qui est d’autant plus faible que les 10 % les plus aisés de la population captent 32,2 % des richesses, tandis que les 10 % les plus pauvres en captent seulement 2,8 %.
À l’inverse, dans les pays « riches » à fort taux d’alphabétisation, le taux de natalité est faible (moins de 2,5 enfants par femme) du fait d’un meilleur accès aux méthodes contraceptives, ce qui permet aux femmes de suivre des études plus longues (16 ans d’espérance de vie scolaire en France) et d’obtenir un emploi – malgré d’importantes disparités internationales, et un taux d’emploi féminin en équivalent temps complet souvent inférieur au taux d’emploi des hommes, avec qui plus est un salaire moindre à poste égal, ainsi que c’est le cas en France. La mécanisation de l’agriculture joue aussi un rôle central dans les mutations sociales et économiques qui affectent un pays, car elle libère un grand nombre de personnes des travaux agricoles et est suivie d’un « exode rural » qui augmente le taux d’urbains. Ainsi, alors qu’au XIXe siècle la France était un pays largement rural, l’introduction du tracteur dans le courant du XXe siècle a poussé la population vers les villes, et l’on atteint aujourd’hui un taux d’urbains de 77 % (en comptant comme « ruraux » des personnes qui ne travaillent pas dans l’agriculture, mais habitent dans des villages ou des villes rurales ; en réalité seuls 3,8 % de la population française travaillent dans l’agriculture, industrie agro-alimentaire non comprise), alors que le taux d’urbains au Burkina Faso ne dépasse pas 20 %.
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