Toutes sortes de statistiques concernant l'environnement sont compilées sur planetoscope.com Combien de forêts ont été détruites depuis le 1er janvier? Combien de déchets produisent les Français chaque seconde? Combien de litres de pétrole ont été produits en vingt-quatre heures? Pour le savoir, il suffit de se connecter à Planetoscope.com.
Le site est enrichi régulièrement de nouvelles statistiques. Il propose aussi un récapitulatif des données sur les dernières vingt-quatre heures, ainsi que des cartes du mondes très visuelles. Cet outil lancé par le site consoglobe.com permet d'appréhender de façon ludique l'impact des activités humaines sur la planète
Planetoscope ? Vous connaissez ? C'est un outil très pertinent, à la fois ludique et pédagogique, qui présente des données chiffrées liées à l'écologie et au développement durable. Cet outil d'approche est un moyen de sensibiliser en faisant de l'abstrait (chiffres, statistiques,...) du concret : sur Planetoscope, les chiffres et statistiques deviennent soudain beaucoup plus parlants : vous connaissez en temps réel le nombre d'hectares de forêt détruit dans le monde, le nombre de kilos de déchets produits par les ménages en France, le nombre de déchets jetés dans les mers et les océans,... le tout depuis le 1er janvier et, le plus impressionnant, depuis votre temps de connexion !
L'intérêt de ce site est de développer une sensibilisation accrue dont l'effet de choc n'est pas provoqué par des images mais par les chiffres que l'on voit défiler sous nos yeux et qui croissent à un rythme effréné (parfois) et inquiétant (toujours).
L'ergonomie du site, très agréable, vous permet de vous déplacer -entre autres- dans un paysage et de cliquer sur l'avion, l'hopital, la plage,... et d'obtenir ainsi les chiffres (toujours en temps réel) relatifs au secteur de l'aviation, de la santé et du tourisme,...
La démarche de Planetoscope s'adresse à tout public. Des adultes aux enfants, et même davantage l'inverse, comme en témoigne Matthieu 14 ans qui « (va) montrer les chiffres à (son) père pour qu'il décide d'économiser l'énergie », Planetoscope permet à tous de faire un premier pas -de géant- vers la sensibilisation au développement durable. Autre intérêt du site : il est participatif. Les visiteurs ont la possibilité de participer à l'édition du site et de réagir en déposant leurs commentaires.
Pour aller plus loin dans la réflexion et dans l'analyse des données appliquées aux différents thèmes que sont l'environnement, la consommation, les forêts, les élevages et viandes, le tourisme, les déchets, le climat, les sols, l'eau et les océans,... proposés sur Planetoscope, un second pallier d'informations, plus complet, a été édité et animé par la même équipe : consoglobe.com.
Qu'il s'agisse de Planetoscope ou de Consoglobe, il faut savoir que les deux sites produisent leurs contenus d'après des données fiables et authentiques. Comme il est indiqué dans la page de présentation de Planetoscope, un long travail de tri d'informations a été effectué en amont, l'objectif étant de proposer un service d'information sérieux, éloigné de la cacophonie « tout vert » qui relaie parfois des informations contradictoires.
Pendant la rédaction de cette note, 32 457 tonnes de pétrole ont été consommées par les transports routiers dans le monde
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Les statistiques culpabilisantes rendent-elles plus écolo ?

Quand j'ai appris que 40% de l'alimentation est jetée aux Etats-Unis, soit 32,5 milliards d'euros par an, j'ai pris un coup sur la tête. Surtout que j'ai découvert au passage que « gâcher un steak équivaut à 70 heures de lumière ». Pire, quand j'ai vu en temps réel s'afficher les euros jetés à la poubelle depuis mon temps de connexion, j'ai eu envie de quitter le site « Planetoscope ». Ce dernier pousse à l'extrême le décompte de la mondialisation, histoire de filer mauvaise conscience au consommateur et de le pousser à changer. Une pédagogie à double tranchant.
Jean-Marie Boucher, le PDG de Consoglobe, portail qui édite ce Planetoscope, assume d'avoir « choisi l'angle étonnant de statistiques globales rapportées à la seconde » dans le but d'informer et de faire prendre conscience. Il reconnait que certaines rubriques sont « anxiogènes », comme celle sur la biodiversité. On y apprend que :
- Le rythme actuel d'extinction des espèces est de 100 à 1 000 fois supérieur à ce qu'il a été en moyenne sur des centaines de millions d'années
- 500 000 cerfs sont abattus chaque année en France
- Les animaux sauvages causent 30 000 collisions avec des voitures en France chaque année
- 5000 orang-outans sont victimes de l'huile de palme
Mais il y a aussi des « statistiques positives », relève Jean-Marie Boucher, comme le chiffre d'affaires du secteur solaire mondial. Sauf que les bonnes nouvelles défilent beaucoup beaucoup moins vite que les mauvaises.
Désormais, consommer c'est « consumer »
Pour Patrice Duchemin, sociologue et rédacteur de L'Oeil-Laser, il y a eu un changement dans les années 2000 :
« La consommation est présentée sous l'angle de la “consumation”. Avant, on consommait pour accumuler, c'était valorisé, maintenant, on regarde cela sous sa face noire, le gaspillage, la perte, l'appauvrissement écologique et démographique. »
Cela pose d'ailleurs de plus en plus de problèmes aux fabricants de produits par définition polluants, comme les voitures. Comme on le racontait dans une enquête sur le greenwashing l'argument de la faible pollution a du poids dans l'argumentaire des vendeurs de voiture.
La vertu des chiffres, c'est qu'ils sont pédagogiques et communicants : « ils ont une fonction de repère, c'est un message simple et accessible à tous », assure Patrice Duchemin. Exemple :
« On ne dit pas il faut manger des fruits mais mangez cinq fruits et légumes par jour, marchez une demi-heure, faites trois exercices, etc. Surtout dans les magazines féminins. Même dans un pays littéraire comme le notre, on utilise cette efficacité anglo-saxonne. »

Si on ne sait pas lire, on sait compter
Le Planetoscope use à l'extrême son slogan, « la vie de la planète vue à travers l'immensité des chiffres », au risque de noyer son lecteur, et quitte à déborder de son secteur de départ, l'écologie. Pour Laurent Terrisse, publicitaire et fondateur de l'agence Limite,
« Trop de chiffres font perdre les repères et éveillent la méfiance du public, qui est déjà grande sur la manipulation des chiffres. »
Mettons que l'on croit à ces chiffres. Est-ce que l'on va pour autant avoir envie de recycler son papier, de ne plus acheter de biberons ou de boîtes de conserves au Bisphénol A, de manger moins de foie gras, ou végétarien ?
Jean-Marie Boucher remarque :
« L'outil plaît beaucoup aux collégiens ou aux profs car la densité d'informations n'est pas trop grande, c'est le bon niveau de complexité. Mais c'est un travail long : depuis quatre ou cinq ans, le niveau de sensibilité des consommateurs augmente, mais le passage à l'acte est plus long du fait de la force de l'habitude. »
Ainsi, ce n'est pas parce que le Planetoscope me dit que 10% de la consommation électrique des foyers européens est causée par la fonction « veille », que je vais éteindre ma « box » d'abonnement à internet chaque soir… »
Ceux qui savent pas lire savent compter, relève Patrice Duchemin :
« C'est efficace si les gens ont déjà changé leur attitude, ou sont en train de le faire, mais ce n'est pas ça tout seul qui va changer les comportements. »
Par Sophie Verney-Caillat